Liberté d'expression ou pas ?
« La liberté d’expression est une valeur inaliénable de notre démocratie ». Cette déclaration de François Fillon résume bien l’importance de cette liberté pour la France. Voilà pourquoi l’attaque subit par Charlie Hebdo suite à son numéro spécial a choqué et indigné les démocrates. Une double attaque qui plus est. Son site internet a été piraté 2 fois par des hackers qui ont remplacé la page d’accueil par des messages religieux. Et ces locaux ont été attaqués par un jet de cocktail Molotov.
Les réactions ne se sont pas fait attendre. Claude Guéant, ministre de l’Intérieur pense « qu’il faut appeler ça un attentat ». Nathalie Kosciusko-Morizet, ministre de l’Ecologie, condamne l’attaque en qualifiant les responsables d’ « ennemies de la démocratie ». François Fillon affirme que « toute atteinte à la liberté de la presse doit être condamnée avec la plus grande fermeté [car] aucune cause ne saurait justifier une action violente ». Quant à Mohammed Moussaoui, président du Conseil Français du Culte Musulman, il a « condamné fermement » cet acte expliquant que cette édition du Charlie Hebdo est moins « violente » que la caricature publiée par ce même hebdomadaire en 2006.
La violence ne résout rien mais surtout la violence est punie par la loi. C’est un fait et personne ne le conteste. Mais la liberté d’expression est-elle sans limite ? Le fait que Charlie Hebdo fasse moins pire qu’il y a quelques années signifie-t-il qu’il faut se résigner à ne rien dire ? Hommes politiques, intellectuels, associations culturelles, tous ont réagi vivement face à cet acte. Mais aucun d’entre eux n’avait réagi à ce numéro de Charlie Hebdo qui a nommé « Mahomet rédacteur en chef ».Pourtant en représentant Mahomet, le prophète de l’Islam, ce n’est pas les musulmans qu’il attaque mais la religion dans son intégralité. Il ne s’agit donc plus de la liberté d’expression mais du droit au blasphème.
Les musulmans de France pointent du doigt une justice 2 vitesses. Lorsque Dieudonné joue le rabbin extrémiste, il est taxé d’antisémite et boycotté par tous. Lorsque Charlie Hebdo caricature Mahomet en terroriste, il est défendu par l’ensemble de l’opinion mené par un Nicolas Sarkozy qui va jusqu’à témoigner lors du procès. Alors cette liberté d’expression, elle s’applique ou pas ?